Il y a les icônes mondialisées du bien, Obama, Mandela,
les icônes de la réussite planétaire, Bill Gates ou Spielberg,
les icônes du mal, Ben Laden, Saddam Hussein, Madoff,
et puis la famille des icônes tragiques, illustrée hier par Marylin Monroe ou Lady Di, où vient d'entrer Michael Jackson, propulsé d'emblée par la grâce de sa mort soudaine au firmament des destins brisés.
Ce fut un tsunami universel de larmes et de déplorations, une communion globalisée ad nauseam d'un bout à l'autre du village mondial, une liturgie médiatique jamais vue
Et puis ce furent surtout des masses innombrables d'éplorés, orphelins
par millions d'un grand frère universel, miroir idéalisé de
leurs vies aliénées, porteur de leurs rêves d'échapper à la
condition postmoderne d'êtres sans nom, sans visage, et
demain, pour beaucoup, crise oblige, sans fonction ni statut.
Comme si tous avaient perdu une part d'eux-mêmes, privés par
sa disparition de la seule transcendance (transe en danse ?)
encore à leur disposition. Comme si écouter «Michael» figer le
temps, en s'enivrant à répétition de Bad ou de Thriller, était
le dernier barrage devant le vide menaçant d'un monde en
fuite où la jeunesse, aussi courtisée soit-elle, n'est plus
invitée au banquet de la vie, sinon comme pure instance
consommatrice. Vous ne voulez plus de nous ? Eh bien, nous ne
voulons pas non plus, à l'instar de notre grand frère
Michael Jackson, entrer dans un monde qui ne veut pas de
nous.
Ps : concernant le film, on y voit un MJ au sommet et non malade, perfectionniste et humble,
tout simplement indescriptible & extraordinaire... même dans ses répétitions, le concert aurait été
"INCREDIBLE" ♥Je t'aime Michael !♥